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 Cucuteni-Trypolie et le monde extérieur: connexions et interactions

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Skipp
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MessageSujet: Cucuteni-Trypolie et le monde extérieur: connexions et interactions   Ven 24 Fév 2012 - 12:54

Bonjour, Razz

Voici un document intéressant qui m'a été communiqué par Mitra (via son forum: http://histoiresecrete.leforum.eu/t229-Les-Protos-Indos-europeens-sujet-de-synthese-sur-nos-connaissances.htm) "Cucuteni-Trypolye et le monde extérieur: connexions et interactions": http://events.um.edu.mt/eaa2008/tkachuk.pdf

A propos de cette culture connue également sous les noms de Cucuteni, Tripolye ou Trypillia (selon qu'on adopte un point de vue roumain (Cucuteni), russe (Триполье) ou ukrainien (Трипілля)):
http://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_de_Cucuteni-Trypillia
http://en.wikipedia.org/wiki/Cucuteni-Trypillian_culture



A lire également sur le sujet, tiré de la liste d'articles de la page suivante:
http://cisa.uaic.ro/saa/no7.htm

Cucuteni–Tripolye cultural complex: relations and synchronisms with other contemporaneous cultures from the Black Sea area: http://cisa.uaic.ro/saa/saa7/Mantu.pdf
Les rapports entre les civilisations Précucuteni/Tripolie A et Bolgrad-Aldeni: http://cisa.uaic.ro/saa/saa7/Sorokin2.pdf
Les premières représentations masculines dans le Néo-Énéolithique de la Roumanie: http://cisa.uaic.ro/saa/saa7/Ursulescu.pdf

Ainsi que: "Quelques réflexions sur les trésors de la culture Cucuteni": http://saa.uaic.ro/saa/saa9/art.9a-Monah.pdf

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MessageSujet: Re: Cucuteni-Trypolie et le monde extérieur: connexions et interactions   Ven 24 Fév 2012 - 18:02

Eh ben, on dirait que tu commences à t'interesser de prés à cette culture, Skipp.

Tu as oublié ce site:
http://www.trypillia.com/
dont j'ai fait des traductions mises en ligne sur le site de Mitra : tu peux les reprendre si tu veux, y'a pas copyright.
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MessageSujet: Re: Cucuteni-Trypolie et le monde extérieur: connexions et interactions   Mar 28 Fév 2012 - 13:37

soucolline a écrit:
Eh ben, on dirait que tu commences à t'interesser de prés à cette culture, Skipp.
Je m'y intéresse toujours... c'est surtout le temps qui me manque. Mais il va falloir que je m'y remette sérieusement.

soucolline a écrit:
Tu as oublié ce site:
http://www.trypillia.com/
dont j'ai fait des traductions mises en ligne sur le site de Mitra : tu peux les reprendre si tu veux, y'a pas copyright.
Ok, je vais tâcher de retrouver ça.

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MessageSujet: Re: Cucuteni-Trypolie et le monde extérieur: connexions et interactions   Lun 4 Juin 2012 - 19:06

Une traduction ( libre et sans prétention) du site trypillia.com.

Les anciens Scythes avaient l’habitude de répondre à la question “ Quand le monde commença-t-il ?” de la manière suivante – “ Lorsque les gens commencèrent à manger du pain et à fondre du métal dans les maisons de notre pays…”.
Bien entendu, ils parlaient de leur propre pays. Mais que se passait-il en Europe et en Ukraine lorsque ‘tout commençait à Sumer’. Est-il vrai que les gens vivaient encore dans des grottes, comme lors de l’âge de pierre ?

En réalité, les archéologues ont découvert en Europe plusieurs brillantes civilisations, datées de la période 6000-3000BC, ces 100 dernières années. Parmi elles on peut trouver celles de Vinça, Gumelnica, et Cucuteni-Trypillia. Les scientifiques ont exploré de nombreux sites d’habitations, certains ayant des fortifications. Ils ont trouvé les traces d’une très vieille métallurgie, florissante entre 5000-4500BC dans les Balkans, des tombes avec des trésors d’objets en or, et des tablettes d’argile avec des inscriptions. Ces investigations ont donné l’opportunité de reconstruire la ‘civilisation de la vieille Europe’, qui allait de l’Italie au Dniepr, des Carpates aux mers Egée et Noire.
Mais il semble qu’il y a 6000 ans, l’est de la vieille Europe était un territoire inconnu, une frontière lointaine pour les habitants des rives du Danube. Le nom actuel de cette terre lointaine est l’Ukraine. C’était un territoire énigmatique, riche et sans limite. A l’est, entre les Carpates et le Dniepr, dans la seconde moitié du XIXème siècle, les archéologues ont aussi découvert des ruines de sites de peuplement, existant entre 5400 et 2700BC. Mais quels sont ceux qui nous ont laissé ces ruines en héritage ? Les archéologues les appellent de nos jours les ‘Trypilliens’.

A l’automne 1896, Vikenty Khvoika, un archéologue de Kiev, découvrit les traces de cette civilisation oubliée : des centaines de maisons brulées, avec d’étranges poteries et figurines en argile, sur les collines d’une petite ville appelée Trypillia, et prés des villages Veremia, Scherbanivka, Khalepia Staiky, entre autres.
Après un siècle d’intenses investigations, nous connaissons environ un millier de villages de la culture Trypillienne, allant de la région de Chernivtsi à l’ouest à la région de Kiev à l’est. Plus de 80 livres et des milliers d’articles ont été écrits et publiés sur ‘la culture archéologique de Trypillia’. 5 générations d’archéologues (environ 250 scientifiques de 12 pays différents !) ont exploré les antiquités trypilliennes ces dernières 130 années. De nombreuses opinions et théories ont évolué durant cette période.

Par exemple, V.Khvoika pensait que les Trypilliens vivaient dans des maisons enterrées et des kurens . De nos jours, les archéologues ont prouvé que ces trypilliens construisaient des maisons confortables (la plupart à deux étages), des temples monumentaux et des fortifications. Presque tous les sites trypilliens trouvés par les scientifiques sont…des villes !

La mémoire historique, imprimée dans les langues IE, apportent des preuves évidentes que les ancêtres des européens avaient la notion de ville vers 4000-3000BC. Ce fut longtemps avant que ne soient érigés les palais de Crète et de Mycènes. Mais ou sont-elles, les ruines de villes des premiers européens ? Si elles n’ont été découvertes après des siècles d’investigations archéologiques, se peut-il que ce ne soit qu’un mythe ?

Mais il est encore possible à la fin du XXème siècle de découvrir sur le continent européen de gigantesque cités, plus anciennes que les pyramides égyptiennes. La découverte des proto-villes est devenue une des plus grandes explorations dans l’histoire de la vieille civilisation européenne.

Ce n’est qu’il y a 30 ans qu’elles furent découvertes, dans un pays appelé de nos jours Ukraine. A cet endroit, ou la rivière Siniukha sépare les steppes eurasiennes sans fin, cruellement écrasées de soleil, des vertes vallées de la steppe-forêt, un typographe militaire, Konstantyn Shyshkinon, découvrit les traces étandues d’anciens sites sur des images faites à l’aide de la photographie aérienne. Elles couvraient une surface allant de un à quatre km². La première réaction des archéologues fut quelque chose comme le scepticisme, sinon franchement le rejet: « cela n’est pas, car cela est impossible. »
Mais les premières investigations de terrain confirmèrent la découverte. Les dates C14 de ces sites oscillent entre 4200 et 2750BC. Ainsi, une nouvelle page de plus d’un millénaire de l’histoire des civilisations urbaines européennes fut ouverte.

Les investigations archéologiques et archéométriques commencèrent à découvrir, pas-à-pas, cette nouvelle page de la préhistoire. C’était un problème gigantesque de faire les plans de sites aussi énormes, enterrés sous le sol. Il était impossible de les déterrer sur de si grandes surfaces. Le faire aurait demandé plus d’un siècle d’excavations sur seulement un site.

Le probleme fut résolu par Valerii Dudkin. Entre 1971 et 1974, il apporta un sondeur magnétique à Maydanetske, sur une aire d’environ 180 ha. Cela lui prit 4 saisons pour faire le plan des 1575 maisons brulées. Toutes les constructions furent détectées sous 1m de profondeur. Il continua son travail sur d’autres sites. Plus de 40 plans de villages trypilliens en Ukraine et Moldavie ont été réalisés après 20 années d’investigations. Parmi eux, il y avait 7 proto-villes, avec entre autres, Talianki, sur une surface de 450 ha, qui devint la plus grande d’Europe (daté 3700-3500BC).
Pour récolter autant d’informations en creusant, il aurait fallu un millénaire aux archéologues….En utilisant ces plans, les archéologues ukrainiens ont effectué plus de 200 fouilles différentes et collecté énormément d’informations sur la culture de Trypillia et les trypilliens.
Les maisons des proto-villes trypilliennes étaient construites les unes collées aux autres, comme des maisons en terrasse, formant ainsi deux lignes de fortifications. La première ligne occupait le centre, et la seconde se trouvait à une distance équivalente à un jet de flèche de la première ligne. L’échelle est vraiment impressionnante : l’ellipse formée par Maydanetske faisait 1 km de long et celui de Talianki 3.5 km !

Ceux qui ont créé cette ancienne civilisation maitrisaient les technologies de l’âge du cuivre : agriculture, élevage et métallurgie. Ils avaient de vastes terres de bonnes qualités, qui leurs donnaient la possibilité de changer de site tous les 50-80 ans. Ils avaient de bonnes connaissances en agriculture et l’adaptaient aux conditions locales. Il est intéressant de constater que certaines des méthodes d’agriculture furent utilisées jusqu’à l’âge du bronze et le début de l’âge du fer, et survivaient encore au moyen-âge en Ukraine.
Les réalisations manuelles des trypilliens sont réellement impressionnantes et surprenantes, spécialement en métallurgie et dans la production de poterie. Le niveau de connaissance dans l’art de couler et forger le cuivre est égal dans la plupart des paramètres aux connaissances actuelles. Les trypilliens utilisaient des tours de potier et des fours à deux chambres. Leurs poteries peintes avaient gardé leurs couleurs après 6000 ans d’enfouissement.

La beauté de la culture trypillienne est liée à ses poteries et à ses parfaites sculptures d’argile, qui ne peuvent qu’impressionner. La poterie était cuite dans des fours à deux chambres, puis peinte, creusée et incrustée. L’ensemble de l’environnement extérieur de ces fermiers préhistoriques apparait dans l’ornementation : la terre et le monde souterrain, le ciel, le soleil, la lune, les étoiles, les plantes, animaux et les gens. Ces anciennes peintures nous parlent par delà les siècles dans le langage perdu de ces créateurs s’adressant à leurs Dieux, désormais oubliés. Eux seuls, ces anciens dieux européens pouvaient comprendre ce langage de symboles et de signes. Un observateur attentif peut voir des ‘textes’ complets dans l’ornementation : il pleut, le grain tombe sur le sol, il germe….
Les arts plastiques trypilliens, notamment les portraits, sont des pièces de maitre uniques. A travers 55 siècles, nous regardons des femmes – jeunes ou vieilles- aux visages larges ou étroits et à la coiffure sophistiquée ; des hommes solennels, avec la barbe et la tête rasée, de grands nez et yeux étendus.

Les trypilliens construisaient des maisons confortables à deux étages. Ils vivaient à l’étage supérieur, le rez-de-chaussée étant réservé aux taches domestiques.

Quelques modèles en argile de maisons trypilliennes et de temples ont été trouvés, qui nous aident à reconstituer l’ancienne architecture. Une intéressante collection de temples en argile a été réunie par Sergej Platonov récemment. Littéralement, ces trouvailles corrigent nos notions sur l’architecture préhistorique dans la vieille Europe entre 4200 et 3500BC.
L’un d’entre eux représente une construction de plan rectangulaire sur plateforme, appuyée sur six solides piliers. Le toit du temple est semi-circulaire, les frontons sont décorés avec un croissant, similaire aux cornes d’un taureau (ou d’une vache ?).
L’entrée du temple est représentée comme un arc, décoré avec 5 images de croissants. Les murs sont décorés de piliers anthropomorphiques et de symboles de serpents spiralés. Le modèle était couvert de peinture rouge, et une ornementation incisée était remplie de peinture blanche. Sur d’autres modeles, les toits étaient peints, donnant l’impression d’être recouverts de paillasses de joncs.
Une tentative de trouver des temples analogues a donné un résultat inattendu. A l’époque de la culture de Trypillia, la région la plus proche ou l’on peut trouver des temples similaires est le sud de la Mésopotamie. Les restes de ce genre de maisons ont été explorés à El Ubaid et sont connus pour dater de la période Uruk (3900-3100BC). Ces temples sont dédiés à Nintur, une incarnation de Ninkhursag, une des plus puissantes déesses de Sumer. C’est une question intéressante, comment et ou les trypilliens se mirent au courant des traditions de Sumer, leurs temples et leurs divinités…..

Une autre caractéristique de cette civilisation est l’apparente utilisation d’une écriture. Un système de signes développés, créé par les trypilliens, était la première marche vers l’écriture. Certains parmi ces plus de 300 signes (environ 12%), selon Taras Tkachuk, sont similaires au Sumérien : ‘étoile’, ‘plante’, ‘maison’. Les trypilliens utilisaient des jetons d’argile – les mêmes qu’en Mésopotamie. Mais à partir de 3500-3300, le monde trypillien tomba en décadence, et le processus d’invention de l’écriture fut interrompu.

Ce ne fut pas seulement cette invention, mais les proto-villes, le savoir-faire technologique, et l’héritage culturel et religieux qui fut abandonné après 3300-3200BC. La crise du système économique, causé par le changement climatique global du milieu du IVème millénaire BC, amena la fin de la dernière grande civilisation énéolithique d’Europe.

Les trypilliens doivent leurs réalisations au travail de leurs propres mains, à leur esprit, et aux ressources d’une terre vaste et généreuse, appelé de nos jours Ukraine. Ils furent les premiers à prouver qu’il était possible de construire une grande civilisation et de bien vivre ici.

Désormais, l’héritage trypillien est exploré par les scientifiques de plusieurs pays. De riches collections archéologiques ont été exhibées dans des musées et sont conservées dans des universités, des instituts de recherche et des collections privées. Les plus grands trésors se trouvent à Kiev, au musée national historique et au musée de l’institut d’archéologie.
Nous pouvons y voir de belles poteries trypilliennes, des figurines en argile, des modèles en argile de maisons et de temples.
La culture de Trypillia est exhibée dans plus de 30 musées en Ukraine, et de nouvelles collections sont désormais en Pologne, Russie, Grande-Bretagne, Autriche.

Les musées ukrainiens et les sites archéologiques sur le Dniepr, le Bug et le Dnietr attirent de nombreux touristes.
Un musée et un monument dédiés à Vikentij Khvoika sont accessibles dans le village de Trypillia.
Il y a quelques années il devint possible de visiter les caves de Verteba (dans la région de Ternopil), dans lesquelles les Trypilliens vécurent pendant plus de 1000 ans. Les fouilles archéologiques, commencées là au XIXeme siècle, continuent sous la direction de Mykhailo Sokhatsky, directeur du musée Borschiv. Des centaines de poteries peintes et de figurines d’argile ont été trouvées dans ces labyrinthes.

Plus nous en découvrons sur la culture de Trypillia, plus elle nous fascine et nous attire. Elle garde encore certains secrets, mais une chose est désormais claire – l’histoire de la civilisation commença là, ou les gens apprirent à faire du pain et à forger le métal, dans un pays appelé aujourd’hui Ukraine.




© Dr. Mykhailo Videiko,
R esearch Officer, Archaeology Institute
of the National Science Academy of Ukraine,
Scientific Director, Trypillian Museum in Trypillia
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MessageSujet: Re: Cucuteni-Trypolie et le monde extérieur: connexions et interactions   Lun 4 Juin 2012 - 19:07

Traduction libre et sans prétention. Les tableaux sont consultables ci-dessous.
http://www.trypillia.com/index.php?option=com_content&view=article&…

VIDEIKO M. YU.

LES PROTO-VILLES DE LA CULTURE TRYPILLIA : APRES 40 ANNEES D’INVESTIGATIONS

La culture archéologique de Trypillia fut découverte il ya plus de 130 ans. Depuis lors, les archéologues ont trouvé des milliers d’artefacts et excavé des centaines de sites anciens.Les investigations archéométriques (aussi bien la photographie aérienne que les sondages par résonnance magnétique) ont permis aux archéologues la production de cartes sur les grands sites appartenant aux différentes périodes de cette culture. Ces investigations ont commencé en 1971 avec l’expédition organisée par M. Shmaglij a Maydanetske.
Ces sites furent très vastes, occupant des surfaces allant de 0.5 à plus de 4.5 km².Sur le territoire ukrainien, nous connaissons prés d’une quarantaine de tels sites. Plus de 90 sites ont une surface allant de 10 à 40ha ( tableau 1). A ce jour nous possédons des informations sur environ 135 sites ayant une surface de plus de 10 ha en Ukraine. C’est près de 7% de tous les sites trypilliens connus ( environ 2000) sur ce territoire.En Moldavie, il y a 59 sites Cucuteni-Trypillien avec une surface de plus de 10 ha. Parmi eux, on trouve Petreny (30 ha), Brynzeny-VIII (40 ha), Varvarivka-VIII (50 ha), Stolnicheny (80 ha). Ce qui fait pour la Moldavie et l’Ukraine près de 2440 sites, avec 194 ( près de 8%) d’entre eux faisant plus de 10 ha.
Les grands sites montrent des plans réguliers et contiennent des centaines, voir des milliers d’habitations, existantes simultanément. Les datations radiocarbones situent ces sites dans une période allant de 4600-4200 à 2750BC. Cela signifie que l’époque des grands sites a duré entre 1450 et 1850 années.
Trente années de recherche ont produit la base de données nécessaires à la description de la chronologie, de l’architecture et de l’économie des grands sites trypilliens. Nous avons maintenant la possibilité d’avancer des arguments concernant leurs apparances et leurs fins.

La chronologie des proto-villes

Une des questions les plus intéressantes étaient: à quelle époque les proto-villes ont-elles existées ? Les dates traditionelles dans les années 70 se situaient entre 4000 et 2200BC. Les archéologues utilisaient des dates C14 non-calibrées. Ainsi, ils situaient les proto-villes aux environs de 3000-2600BC. Cela signifiait que ce type d’établissements étaient apparus en Europe àl’époque de la création des états de Sumer et d’Egypte.
Les situations changeat lors de l’utilisation de la calibration. Le plus ancien des grands sites (en accord avec les dates et les données archéologiques) est Vesely Kut ( stade BI/II), daté à la fin du Veme ou le début du IVeme millénaire BC (tab.2).
Les sites de Maydanets et Tall’anki (stade C-I) sont datés du milieu du IVeme mill.BC. Vilkhovets (stade C-II) est daté de la première moitié du IIIeme mill.BC. Ainsi la période des grands sites trypilliens s’étale sur prés de 1200 à 1500 ans – de 4200/4100 à 2900/2700BC.

Une des plus importantes questions concernant l’étude des grands sites était celle de la chronologie interne – ou micro-chronologie. Les milliers d’habitations sur des aires de centaines d’hectares étaient-elles contemporaines ou non ? Il est connu que de grandes agglomérations agricoles d’Europe centrale, qui existaient au Néolithique, et développées sur de longues périodes, n’avaient en fait que quelques maisons contemporaines.
Au début des investigations, M.Shmaglij écrivait que « ..le grand site de Maydanets avait pu être développé du centre vers l’extérieur, sur une période de 3-4 générations, qui construisaient la nouvelle structure éllipsoïdale durant 100 ans ou plus.. ». Après des années de fouilles à Maydanets et Tall’anky, ou de nombreuses maisons et autres structures furent étudiées, les archéologues ont récolté les données permettant de répondre à cette question.
L’analyse de toutes les sources – stratigraphie, planigraphie, styles des poteries- nous donne la possibilité de considérer que :
1. Les grands sites furent créés et développés étape par étape.
2. La plupart des maisons et autres constructions sont contemporaines.
3. La plupart des maisons furent habitées puis détruites en même temps.
4. C’est lors de la premiére période, lorsque les maisons étaient construites sans plan précis, que la plupart d’entre elles furent détruites avant que les éllipses-fortifications soient construites.
Ainsi nous pouvons proposer le modele de développement des proto-villes trypilliennes suivant, basé sur les résultats des fouilles sur le site de Maydanets :
STADE 1 – « stade d’installation » - période durant laquelle les premiers petits groupes de maisons apparaissent sur le territoire du futur site.
STADE 2 – « stade de construction centralisée » - période durant laquelle les ellipses-fortifications et les rues principales furent construites.
STADE 3 – « stade de développement » - période durant laquelle de nouvelles ellipses et d’autres structures apparaissent.
STADE 4 – « le stade final » - Moment ou l’ensemble du site est brulé.
La conclusion principale est que la plupart des habitations coexistaient lors du dernier stade de l’histoire du site.
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MessageSujet: Re: Cucuteni-Trypolie et le monde extérieur: connexions et interactions   Lun 4 Juin 2012 - 19:08

Distribution des grands sites: époque, taille, territoire

L’autre importante question est la distribution des sites (territoire, époque, taille). Nous pouvons exploré ces questions, en utilisant les données du tab. 1. A partir de la phase BI-II, nous avons un système à plusieurs niveaux de sites allant de 10-15 à 100 ha et plus (tab. 3). Ce que nous pouvons voir, c’est que ce type de sites sont connus dans toutes les aires de la culture Trypillia – région du Dnietr, du Bug du sud, et du Dniepr (fig.1). Tous les groupes locaux aux phases BII et CI ont plusieurs sites de 10-15 ha, et quelques centres de 50-100 ha. Ainsi, cela reflete la situation de l’organisation sociale de la population, similaire dans des endroits différents.
Mais la plupart des grands sites furent découverts dans le territoire compris entre le Bug du sud et le Dniepr. Le summun de leurs expansions se situent durant les phases BII et CI, lorsque les plus grands sites furent développés. Sur ce territoire coexistaient deux grands groupes locaux de la culture de Trypillia : le groupe Tomashivka et le groupe Kaniv. Ils avaient des structures similaires qui incluaient des sites de différentes tailles – de 10 à 450 ha. Dans le groupe Kaniv, la plupart des sites font de 10 à 30 ha, 6 font de 30 à 50 ha, et un seul s’étandait sur 100 ha. Le groupe Tomashivka avait seulement 4 villages de 10 à 30 ha, mais 4 centres de 100 ha et 5 de 200 à 450 ha.

Tab 3 ...Il semble que ces données refletent un systeme de forte organisation sociale, qui a existé et perduré longtemps sur les différentes aires de la culture Cucuteni-Trypillia.

Le plan des proto-villes

Il y a des raisons de penser que les principes les plus basiques de planification, que ce soit la forme en cercle ou en ellipse, des ‘rues’ ou des ‘fermes’, furent à l’oeuvre dans la culture Trypillia bien avant l’apparition des grands sites.
Les plus vieux d’entre eux sont des sites du stade BI/II, parmi lesquels Vesely Kut, avec une surface de 150ha. La photo aérienne montre l’existence de fermes séparées et les traces d’une structure ellipsoïdale. Selon l’opinion de O. Tsvek, le principe de la construction en modele circulaire était utilisé là, bien que la distance entre les maisons variat entre 10 et 20m. Durant la période BII, nous trouvons pas moins de 6 structures éllipsoïdales à Volodymyrivka ( environ 100ha.) L’aire entre certaines de ces structures n’était pas non plus construite, ou l’espace entre elles était intentionellement laissé ouvert (Shishkin, 1985, figs.1,2,4). Une attention spéciale était donnée à la construction d’un ‘mur habitable’, dont les restes furent pour la premiere fois excavés en 1946.
A Volodymyrivka, nous trouvons les exemples les plus précoces de telles fortifications. Les photographies aériennes de Volodymyrivka et de Mykhailivka révelent des lignes de ‘rues’ et des ‘blocs’ rectilinéaires similaires aux exemples plus tardifs trouvés à Maydanets’ke et Tallyanky ( fig.3,4,5). Des schémas similaires du stade CI furent trouvé à Dobrovody et Vasylkove. Les cartes photographiques et dues à la résonnance magnétique montrent l’existence de 2 ou 3 groupes de construction en modele ellipsoïdal, avec un espace séparant le centre et les ovales l’entourant (fig.4), comme des quartiers et des rues (fig.5 : a,b,c). Les entrées aux grands sites furent fortifiées. Elles étaient flanquées des logements, comme nous le voyons à Glybochok (fig.5 :d), Nebelivka et en d’autres endroits.
Dans la région du Bug du sud, des schémas standarts furent développés et reproduits entre 4200 et 2750BC (fig.3). Ils comprenaient des structures éllipsoïdales avec des vides à caractere défensif, les ‘rues’ et les ‘quartiers’ se trouvant au centre du site. Tous les aspects de cette construction traditionelle étaient connus de la population trypilienne depuis la période précoce du site Mogyl’na-III ( Trypillia AIII, environ 5000-4800BC), ou deux constructions ellipsoïdales furent trouvées sur une aire de 10ha. 1500 ans plus tard, à Maydanets’ke ( au stade CI), on observe un système complet de construction, ou proto-ville. Ce site était protégé par 2 lignes de ‘murs habités’ avec un espace les séparant et contenant les ‘quartiers’ et les ‘rues’ au centre.
L’enquete géophysique fut effectuée à Nebelivka en 2009 par une expédition conjointe anglo-ukrainienne. Les structures brulées et non brulées étaient là fortement organisées, avec huit rangées, et six autres isolées. 4 rangées étaient disposées sur un axe nord-sud, les 4 autres sur un axe est-ouest. Les structures dans la partie nord de la rangée B étaient particulierement denses, formant ce qui a été identifié comme une ‘rue’ à Maydanets’ke et Tallianky. 3 des 4 rangées nord-sud étaient interrompues par une ouverture toujours dans la même orientation, dans l’une d’entre elles (rangée B) était localisés les grandes constructions. L’une d’entre elles était bipartite, avec des murs brulés couvrant presque 40m de longueur et plus de 20m de large, et une zone entourée de même surface et de plus de 20m de long. La taille totale étant de près de 20x60m. C’est la plus grande construction trouvée sur un site trypillien.
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MessageSujet: Re: Cucuteni-Trypolie et le monde extérieur: connexions et interactions   Lun 4 Juin 2012 - 19:08

L’architecture des habitations

Ces 110 dernieres années, les archéologues ont fouillé, sur l’aire des grands sites, les vestiges de 323 habitations et 64 autres constructions. La majorité des archéologues pense de nos jours que le plus typique de la culture Trypillia étaitent des constructions avec des murs et des plafonds en bois, platrés d’argile. De la paille et parfois des feuilles étaient mélangées à l’argile. En regle générale, les constructions étaient faites avec de gros poteaux en bois enfoncés profondément dans le sol pour s’assurer de leur verticalité. Les murs étaient aussi faits de branchages et platrés d’argile. Comme cela a été constaté dans les constructions-modeles, ces poteaux verticaux divisaient les murs en sections séparées, chacun se projetant à l’exterieur comme une demi-colonne. Le modele de Volodymyrivka indique aussi que les murs des habitations étaient peints. Les planchers étaient en bois, either with square or round timbers depending on the building’s width. Many finds of clay coating that preserve the impressions of these constructions survive. La largeur standart des maisons était de 4-5m, mais certaines sont connues mesurant 9-10m de large. Les constructions étaient rectangulaires et rangées par taille, des petites (4.4x9m) aux plus grandes (15m x 10m, 9m х 21m, 7m х 33m, etc).
Les planchers en bois étaient recouverts d’argile, à laquelle de la paille était couramment ajoutée. Il en résultait la création d’un plancher d’argile, ou ‘dolivka,’ au niveau du sol. L’interieur des parties habitées comprenait un fourneau ou un foyer ouvert. La fumée était ventilée par une ouverture faite dans le plafond. Les piéces étaient équipées de bancs divers, faits d’argile, de plateforme sur-élevées, et de cuvettes avec des meules par-dessus. A en juger par les petites représentations en argile, les fenêtres étaient rondes, avec des décorations géométriques ou ornementales tout autour. Le seuil était en argile, et les entrées étaient soulignées par des décorations géométriques complexes et ornementales. Cela servait à proteger contre la pénétration des ‘esprits diaboliques’.
Dans le cas des constructions à deux étages, le 1er étage, avec son fourneau, était utilisé comme lieu de vie, alors que le rez-de-chaussée accueillait le stockage nécessaire au ménage, l’abris des animaux, etc…Ainsi, le lieu de vie était gardé chaud. En plus des complexes domestiques, des ateliers de poterie ont également été trouvés. Ils étaient prés des lieux d’habitations mais néanmoins en des endroits séparés – à Vesely Kut, Myropillya
Les trypilliens ont aussi inventé un nouveau type de site : cela consistait en maison domestique, avec ou sans étage, attachées les unes aux autres. La distance entre les restes de structures architecturales n’était pas de plus de 1-1.5m. Les vestiges de telles structures ont été trouvés à Maydanets'ke (fig. 6, 7) et Volodymyrivka.


L’économie des grands sites

Ces 110 dernieres années, les archéologues ont fouillé, sur l’aire des grands sites, les vestiges de 323 habitations et 64 autres constructions. La majorité des archéologues pense de nos jours que le plus typique de la culture Trypillia étaitent des constructions avec des murs et des plafonds en bois, platrés d’argile. De la paille et parfois des feuilles étaient mélangées à l’argile. En regle générale, les constructions étaient faites avec de gros poteaux en bois enfoncés profondément dans le sol pour s’assurer de leur verticalité. Les murs étaient aussi faits de branchages et platrés d’argile. Comme cela a été constaté dans les constructions-modeles, ces poteaux verticaux divisaient les murs en sections séparées, chacun se projetant à l’exterieur comme une demi-colonne. Le modele de Volodymyrivka indique aussi que les murs des habitations étaient peints. Les planchers étaient en bois, either with square or round timbers depending on the building’s width. Many finds of clay coating that preserve the impressions of these constructions survive. La largeur standart des maisons était de 4-5m, mais certaines sont connues mesurant 9-10m de large. Les constructions étaient rectangulaires et rangées par taille, des petites (4.4x9m) aux plus grandes (15m x 10m, 9m х 21m, 7m х 33m, etc).
Les planchers en bois étaient recouverts d’argile, à laquelle de la paille était couramment ajoutée. Il en résultait la création d’un plancher d’argile, ou ‘dolivka,’ au niveau du sol. L’interieur des parties habitées comprenait un fourneau ou un foyer ouvert. La fumée était ventilée par une ouverture faite dans le plafond. Les piéces étaient équipées de bancs divers, faits d’argile, de plateforme sur-élevées, et de cuvettes avec des meules par-dessus. A en juger par les petites représentations en argile, les fenêtres étaient rondes, avec des décorations géométriques ou ornementales tout autour. Le seuil était en argile, et les entrées étaient soulignées par des décorations géométriques complexes et ornementales. Cela servait à proteger contre la pénétration des ‘esprits diaboliques’.
Dans le cas des constructions à deux étages, le 1er étage, avec son fourneau, était utilisé comme lieu de vie, alors que le rez-de-chaussée accueillait le stockage nécessaire au ménage, l’abris des animaux, etc…Ainsi, le lieu de vie était gardé chaud. En plus des complexes domestiques, des ateliers de poterie ont également été trouvés. Ils étaient prés des lieux d’habitations mais néanmoins en des endroits séparés – à Vesely Kut, Myropillya
Les trypilliens ont aussi inventé un nouveau type de site : cela consistait en maison domestique, avec ou sans étage, attachées les unes aux autres. La distance entre les restes de structures architecturales n’était pas de plus de 1-1.5m. Les vestiges de telles structures ont été trouvés à Maydanets'ke (fig. 6, 7) et Volodymyrivka.

L’économie des grands sites
La pratique d’une culture agricole intensive par ces populations, dans une région originellement de type forêt-steppe, a entrainé la décimation des forêts locales au voisinage des sites d’habitations. Cela a été prouvé par les données palynologiques récoltées sur les sites trypilliens. La part de pollen d’arbres diminue dans le spectre palynologique alors que celle de pollen de céréales, de mauvaises herbes et de types d’arbres secondaires augmente. Des traces de cendre, pouvant résulter de l’incendie volontaire des forêts, ont aussi été trouvées.
L’age du cuivre (fin du Veme – début du IIIeme mill.BC) représente la période ou les humains ont pour la premiere fois considerablement impacté leur environnement immédiat. Les transferts périodiques des sites trypilliens suggerent que cette population expérimentaient les premieres répercussions ameres de la civilisation, appelés problemes écologiques. On peut imaginer qu’ils tenterent de résoudre ces problemes avec l’assistance de rites religieux et magiques. Certains archéologues interpretent la présence d’objets symboliques comme un mécanisme combattant le stress environnemental.
Nous sommes arrivés à la conclusion que l’économie de la culture de Trypillia était un système équilibré, partagé entre l’agriculture et l’élevage, qui assuraient l’essentiel de la production nécessaire. D’autres types d’activités économiques, comme la chasse, la pêche, et la récolte de fruits sauvages, de miel, et de mollusques, supplémentaient les branches principales de l’économie.
Le but principale des économies extensives trypilliennes était le contrôle de vastes territoires. Seules des collectivités fortes, avec de hauts taux démographiques et un fort potentiel militaire, pouvaient réaliser un tel contrôle. Les précoces proto-villes trypilliennes représentent l’aboutissement logique d’une stratégie de subsistance développée jusqu'à son terme. Il n’y a pas d’autres raisons économiques sensées à cette concentration de population.
Biserka Gaydarska, analysant les stratégies de subsistances des trypilliens vivant à Maydanets’ke, considere que ‘…pour maintenir une subsistance à si grande échelle, une très forte organisation sociale hiérarchisée est nécessaire. Une telle organisation présume certaines divisions du travail et du territoire…d’une telle division du travail et du territoire a pu résulter une augmentation graduelle des tensions sociales qui, ajoutées aux difficultés logistiques pour maintenir une subsistance à si grande échelle, a probablement contribué à l’écroulement et à l’abandon des sites géants’
L’extension des proto-villes a contribué aux développements des arts et des métiers, comme la poterie, les figurines, le travail du silex. Sur le territoire des grands sites trypilliens, 3 ateliers spécialisés dans la poterie ont été trouvés. Nous avons des données sur l’exploration de tels endroits sur les sites trypilliens de l’est, Vesely Kut and Myropillya, Trostyanchyk, période BI/BII et BII. Ce genre d’ateliers n’ont pas été trouvés sur les grands sites de la région Bug du sud/Dniepr. Seule, dans la partie centrale de Maydanets’ke en 1985, fut excavée une fosse remplie de poteries brisées, pouvant suggérer l’existance d’un tel atelier.
Mais toutes les données sur la technologie, l’assortiment et la quantité de poteries, trouvées durant les fouilles, montrent l’évidence d’un développement du métier de potier et ‘le mouvement de centralisation des opérations de manufactures’. A partir du stade BII, les populations utiliserent des poteries peintes. Pour cuire ce genre de poteries, des fours spéciaux à deux chambres furent utilisés. Les changements de formes des poteries montrent une tendance à rechercher les formes les plus simples, convenant à une production manufacturée. Dans le groupe de Tomashivka, des formes arrondies furent remplacées par des formes biconiques, plus pratique. Des modeles spéciaux en argile furent utilisés, comme trouvés à Volodymyrivka (Stade BII). Deux d’entre eux étaient faits pour modeler des petits bols peints, les autres pour des pots. Pour créer les contenants biconiques, des rubans d’argile furent utilisés.
Dans chaque habitations explorées à Maydanets’ke, nous avons trouvé de 30 à 120 poteries différentes, que nous avons pu restaurer. En moyenne, chaque ménage possedait 75 récipients. Cela signifie que les 2000 ménages de cette proto-ville utilisaient simultanement 150000 récipients différents.
Le développement des proto-villes a entrainé la création de systeme d’échange. Nous avons noté que les proto-villes ont stimulé les mines de silex dans leurs régions, et ont aussi développé l’échange de pointes de fleches.
Une autre production importante pour les proto-villes était le sel. John Chapman and Biserka Gaydarska ont étudié le commerce du sel à Maydanets’ke. L’estimation annuelle de besoin en sel atteignait 36200 kg, estimation basse. Ils concluent que la consommation de fraction basse estimée devait requérir un système logistique majeur et achevé – l’organisation du premier réseau de négociant au monde.
Pour autant, néanmoins, ces métiers n’étaient pas le premiere raison d’être des proto-villes. Nous les voyons plutôt comme des centres administratifs, militaires et religieux, et non comme des centres commerciaux.

Les proto-villes dans le systeme de la culture de Trypillia

Les grands sites apparurent dans la culture de Trypillia à la fin du Veme ou au début du IVeme mill. BC. Différents types de sites ont pu exister à la même période dans un même groupe. Cela pouvait être des petits sites (2-7 ha), des sites moyens (7-10 ha) ou des grands sites (20ha et plus) en taille. Concernant les grands sites, seuls deux types peuvent être définis : ceux de 50-100 ha et ceux de plus de 100 ha. Ces sites avaient entre eux une relation hiérarchique, les plus grands dominants les autres. Ces groupes controlaient des territoires de 10-20 km de rayon et étaient situés dans les bassins des rivieres. Ils entretenaient leur propre unité, qui incluait un grand site (avec une superficie de 50-200 ha), des villes dépendantes (10-40 ha) et des villages (2-7 ha). De tels groupes, cela semble logique, correspondent à des chefferies.
Two or more such groups comprised a local type, which occupied large territories generally situated in the area between rivers, at least in part. The local group, which occupied the highest level in the social hierarchy of Trypillia culture, corresponded, in our opinion, to a complex chiefdom. The largest proto-cities may have been the capitals of these complex chiefdoms.
We have, in addition, a three- or five-level organization of local groups which, we believe, was connected with various population densities in some regions. In certain conditions, where the population of local groups expanded to as much as 5,000 or even 30,000 people, the traditional tribal structures were likely modified.

Les proto-villes trypilliennes dans la vieille Europe

Pour déterminer la disposition et la place des grands sites trypilliens dans l’histoire de l’Europe, nous essaierons de les comparer avec des structures d’habitation comtemporaines. Du Veme au IVeme mill. BC ont existées une série de précoces et vibrantes culture agricoles dans le centre et le sud de l’Europe. Cela inclut les cultures de Lengyel, de Tiszapolgar, du FBC, de Kojadermen, de Gumelnitsa et de Vinca, entre autres.
Les tendances à l’urbanisation commencerent à apparaitre en Europe durant la période néolithique. L’accroissement de la population et de la complexité des structures sociales et de direction s’entremelant jouerent un role important dans ce processus. Il est interessant de comparer les données trypilliennes avec la description de Hermann Parzinger de l’urbanisation de l’Europe. Au début ( stade trypillia A, ou horizon chronologique 5-8 de Parzinger), nous avons des ‘villages disséminés’, des ‘villages agglomérés’, et des ‘proto-villes’ sur le territoire trypillien.
Le site Mogyl’na III occupait une aire approximative de 10 ha, et contenait plus de 100 habitations, avec une population variant entre 500 et 800 personnes. Nous y trouvons aussi une hierarchie complexe à 2 ou 3 niveaux. Cela incluait un grand Mogyl’na III, un petit Mogyl’na I, et un site Mogyl’na II assez proche. Nous trouvons une situation similaire en Moldavie. L’existence de très grands sites, avec des superficies de dizaines ou centaines d’hectares et d’importantes populations (5000 et plus) peut être située à l’horizon 9-12. Ce seraient des ‘villes précoces’ selon l’échelle proposée ici.
Cette corrélation montrent que lorsque les formations des proto-villes cesserent en Europe du sud, elles fleurirent à la frontiere de la civilisation européenne, entre le Prut et le Dniepr. Les proto-villes trypilliennes disparurent au moment ou Troy I-II se formerent en Anatolie.


Pourquoi les proto-villes trypilliennes apparurent ?

Pour déterminer la disposition et la place des grands sites trypilliens dans l’histoire de l’Europe, nous essaierons de les comparer avec des structures d’habitation comtemporaines. Du Veme au IVeme mill. BC ont existées une série de précoces et vibrantes culture agricoles dans le centre et le sud de l’Europe. Cela inclut les cultures de Lengyel, de Tiszapolgar, du FBC, de Kojadermen, de Gumelnitsa et de Vinca, entre autres.
Les tendances à l’urbanisation commencerent à apparaitre en Europe durant la période néolithique. L’accroissement de la population et de la complexité des structures sociales et de direction s’entremelant jouerent un role important dans ce processus. Il est interessant de comparer les données trypilliennes avec la description de Hermann Parzinger de l’urbanisation de l’Europe. Au début ( stade trypillia A, ou horizon chronologique 5-8 de Parzinger), nous avons des ‘villages disséminés’, des ‘villages agglomérés’, et des ‘proto-villes’ sur le territoire trypillien.
Le site Mogyl’na III occupait une aire approximative de 10 ha, et contenait plus de 100 habitations, avec une population variant entre 500 et 800 personnes. Nous y trouvons aussi une hierarchie complexe à 2 ou 3 niveaux. Cela incluait un grand Mogyl’na III, un petit Mogyl’na I, et un site Mogyl’na II assez proche. Nous trouvons une situation similaire en Moldavie. L’existence de très grands sites, avec des superficies de dizaines ou centaines d’hectares et d’importantes populations (5000 et plus) peut être située à l’horizon 9-12. Ce seraient des ‘villes précoces’ selon l’échelle proposée ici.
Cette corrélation montrent que lorsque les formations des proto-villes cesserent en Europe du sud, elles fleurirent à la frontiere de la civilisation européenne, entre le Prut et le Dniepr. Les proto-villes trypilliennes disparurent au moment ou Troy I-II se formerent en Anatolie.
Pourquoi les proto-villes trypilliennes apparurent ?
Il y a deux points de vue concernant les grands sites trypilliens. Certains archéologues croient qu’ils sont apparus sur la frontiere des communautés agraires sous la menace ‘d’invasions steppiques’. D’autres soutiennent que leur apparition résulte de développement sociaux internes sous la menace de guerres inter-tribales (Shmagliy and Videiko, 1993; Videiko, 2002, pp.70-100). Les plus récentes investigations ont montré des processus culturels internes (économiques aussi bien que sociaux) dans la culture de Trypillia, étant connectés non seulement avec la steppe, mais aussi avec les cultures d’Europe centrale.
Les proto-villes trypilliennes apparurent vers 4200BC en différents territoires (et pas seulement sur la frontiere avec la steppe) comme une réaction à la situation économique et politique associée à l’unité Cucuteni-Trypillienne. La croissance de la population, des conflits militaires inter-tribaux, et des migrations peuvent aussi bien être invoqués comme facteurs possibles. Ces proto-villes étaient le centre de nombreuses chefferies qui étaient dans une sorte de guerre intestines perpétuelles. Les sites devaient être transferrés vers de nouveaux champs tous les 40 à 70 ans, alors que le territoire de la steppe-forêt entre les Carpates et le Dniepr était limité. Les grands sites trypilliens sont un exemple de début de processus d’urbanisation similaire à la préhistoire des villes en Mésopotamie entre 4000 et 3000BC.
Maria Gimbutas écrivit que « les proto-IE, que j’ai dénommé le peuple des Kourganes, arriverent de l’est, depuis le sud de la Russie, à cheval. Leurs premiers contacts avec la frontiere des territoires d’Europe dans la région du bas-Dniepr et l’ouest de la mer Noire commenca vers le milieu du Veme mill.BC. Cela initialisa un flot continu de peuples et d’influences en Europe de l’est et centrale qui dura 2 millénaires. Les pacifiques agriculteurs, ainsi, furent facilement vaincu par les cavaliers guerriers des Kourganes qui prirent le dessus sur eux. Ces envahisseurs étaient armés d’armes coupantes et tranchantes ; poignards à longues lames, lances, hallebardes, arcs et fleches.
Selon nous, néanmoins, il n’y avait pas de pré-conditions économiques, politiques ou militaires pour une agression ‘steppique’ contre les proto-villes trypilliennes, et il n’y a aucune évidence archéologique que de tels conflits aient existé. Les agriculteurs trypilliens ont construit leurs sites fortifiés bien avant que des ‘cavaliers-guerriers des kourganes’ n’apparaissent dans les steppes. Depuis le VIeme mill.BC, ces ‘agriculteurs pacifiques’ produisaient des armes telles que des haches-marteaux de pierre et de métal, des poignards, des pointes de fleches, qui ne sont apparus dans les tombes steppiques qu’au IIIeme mill. BC.
En fait, un ‘village’ de la culture trypillienne tel que Maydanets dans la région Bug du sud-Dniepr devait avoir une armée plus puissante que l’ensemble des forces de toutes les tribus Sredny Stog réunies. La désintrégation de la culture de Trypillia peut être reliée aux changements dans l’environnement physique après 3500-3400BC. Ces changements ont mené à une expansion de l’économie de production dans la zone des steppes.
Les interactions entre les cultures de Trypillia et Sredny Stog créerent les conditions pré-requises pour ce processus. Après 3400-3200BC, des groupes de population trypillienne prirent part à la création de nouveaux groupes culturels dans les régions des steppes et des forêt-steppes. Cela incluse les cultures Usatovo et Gorodsk, entre autres. Ce ne fut qu’après ces événements que le pastoralisme steppique apparut. Les cultures de Trypillia et Bolgrad-Aldeni jouerent le role de civilisations superieures dans la création de la tradition semi-nomadique européenne. D’un autre coté, les proto-villes apporterent la garantie de la préservation de l’identité de la culture trypillienne. Nous pouvons en conclure que d’une certaine manière le facteur ‘ouest’ a joué un role dans ce processus, en connection avec l’origine des proto-villes trypilliennes.
La période de « Polgarisation » dans le territoire trypillien cessa après 4300/4200BC, lorsqu’apparut le premier grand site dans l’est de la culture de Trypillia. Après cela suivit une longue période ( entre 4000 et 3400BC) durant laquelle seuls les territoires des différents groupes locaux trypilliens avec une organisation en proto-villes resterent en dehors du processus d’integration culturelle sous l’influence des cultures néolithiques tardives et énéolithiques d’Europe centrale. Ce n’est qu’après la disparition du système des proto-villes que le processus intense d’influence en provenance du groupe Baden commenca. ( Cela n’eut pas d’effet sur le territoire du groupe Kosenivka, ou les dernieres proto-villes existerent jusqu’en 2900-2750BC). Les proto-villes disparurent completement à la fin du IVeme ou au début du IIIeme mill. BC, comme résultat d’un changement culturel global.
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MessageSujet: Re: Cucuteni-Trypolie et le monde extérieur: connexions et interactions   Lun 4 Juin 2012 - 19:09

Les premieres étapes de l’urbanisation ?

Nous pouvons détecter plus d’un paralléle entre les développements de la zone Ubaid-Uruk-Jemdet Nast et la zone trypillienne. Expansion territoriale, accroissement de la population, concentration de la population sur de grands sites, développement des échanges commerciaux, apparition des premiers systemes d’enregistrement, hierarchies à 2 ou 3 niveaux – tous ces phenomenes apparaissent de manière similaire, et il semble que la Mésopotamie et l’Europe se développerent de la même manière entre 5000 et 3000BC. Seule la conclusion de ces développements différent : les premiers états apparurent en Mésopotamie, alors que les proto-villes tomberent en décadence entre 3400 et 3000BC.
Il est logique de supposer que si des processus similaires prirent place dans ces premieres sociétés agricoles, ce fut pour résoudre les mêmes problémes. Comme l’augmentation de la population jusqu’à la surpopulation, le manque de terres agricoles, et des conflits entre communautés.
Il peut être considéré que l’apparition des grands sites dans la culture Cucuteni-Trypillia n’est que la premiere phase de l’urbanisation, ou l’un de ces modeles posibles. Ce processus fut interrompu sur le territoire ukrainien au début de l’age du bronze, après 3200BC. La disparition des proto-villes 500 ans plus tard fut la conséquence de la crise d’une économie agricole intensive.
L’ancien Proche-Orient et l’Europe ont montré deux chemins de développement de civilisations au IVeme mill.BC : le développement des premieres villes et des états en Mésopotamie contre la rupture temporaire du progrés social en Europe. De ce point de vue, le développement puis le déclin des proto-villes trypilliennes nous apportent l’opportunité d’étudier les premiers stades d’urbanisation qui, en d’autres lieux, ont été obscurcis par les développements ultérieurs. C’est la raison pour laquelle nous considérons que l’étude des grands sites trypilliens, les proto-villes d’Ukraine, sont du premier interêt.


FIN DE LA TRADUCTION.

Quoi qu'on en pense, c'est quand même l'avis d'un pro 'actuel': ça change de la version 'sixtees' de Gimbutas.
Arrghh....j'ai oublié de traduire quelques phrases....vous le ferez vous-mêmes !

Idem pour les images: google est votre ami...
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MessageSujet: Re: Cucuteni-Trypolie et le monde extérieur: connexions et interactions   

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