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 Madasgascar, l'île rouge des austronésiens

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Skipp
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MessageSujet: Madasgascar, l'île rouge des austronésiens   Lun 6 Aoû 2012 - 17:19


http://fr.wikipedia.org/wiki/Madagascar
Citation :

Une origine austronésienne commune à toute l'île : les Vahoaka Ntaolo (Vazimba et Vezo, 500 av. J.-C. - 700)
Les nombreuses recherches pluridisciplinaires récentes - archéologiques [1], génétiques[2], linguistiques [3] et historiques [4] - confirment toutes que l'ensemble du peuple malgache est primordialement originaire de l'archipel indonésien[5]. Arrivés probablement sur la côte Ouest de Madagascar en canoé à balancier (waka) au début de notre ère - voire 300 ans avant selon les archéologues[6] et peut-être encore plus tôt selon certaines hypothèses des généticiens [7] -, ces pionniers navigateurs austronésiens sont connus de la tradition orale malgache sous le nom des Ntaolo (de *tau - *ulu - "les hommes premiers", "les anciens", de *tau-"hommes" et *ulu- "tête", "premier", "origine", "début" en proto-Malayo-Polynésien (MP)[8]). Il est également probable que ces anciens se nommaient eux-mêmes les Vahoaka (de *va-*waka "peuple/ceux des canoés" ou "peuple de la mer", de *waka-"canoé (à balancier)" en proto-MP), terme signifiant simplement aujourd'hui le "peuple" en malgache.

Sur le plan morphologique/phénotypique, cette origine Sud-Est asiatique première des Malgaches explique, par exemple au niveau des yeux, le pli épicanthal asiatique de la paupière supérieure] (epicanthic fold) répandu chez tous les Malgaches qu'ils soient des côtes ou des hauts plateaux, qu'ils aient la peau claire, sombre ou cuivrée.

Ce peuple originel (vahoaka ntaolo en malgache) austronésiens que l'on peut appeler les "protomalgaches" (du grec protos - "premier") est à l'origine :
* de la langue malgache commune à toute l'île : une langue issue du proto-austronésien, appartenant à la branche proto-malayo-polynésienne (proto-MP) et à la sous-branche proto-Sud-Est Barito (proto-SEB) qui partage ces mêmes bases anciennes communes avec les langues dayak actuelles du groupe barito de Bornéo Sud telles que le ma'anyan, dusun deyah, dusun malang, dusun witu et paku actuels
* de tout le fonds culturel malgache commun à tous les Autronésiens, des îles du Pacifique à l'Indonésie, en passant par la Nouvelle-Zélande et les Philippines : coutumes anciennes (comme celle d'ensevelir les défunts dans une pirogue au fond de la mer ou d'un lac), agriculture ancienne (la culture du taro-saonjo, de la banane-akondro, de la noix de coco-voanio et de la canne à sucre-fary qui est originaire de l'île de Nouvelle Guinée), l'architecture traditionnelle (maison levu végétale à base carrée sur piloti), la musique (les instruments comme la conque marine antsiva, le tambour de cérémonie hazolahy, le xylophone atranatrana, la flûte sodina ou encore la cithare valiha) et la danse (notamment la "danse des oiseaux" que l'on retrouve à la fois au centre et dans le Sud).

Au tout début du peuplement, appelée "période paléomalgache", les Ntaolo se subdivisèrent, selon leurs choix de subsistance, en deux grands groupes : les Vazimba (de *ba/va-yimba-"ceux de la forêt", de *yimba-"forêt" en proto Sud-Est Barito (SEB), aujourd'hui barimba ou orang rimba en malais[23]) qui s'installèrent - comme leur nom l'indique - dans les forêts de l'intérieur et les Vezo (de *ba/va/be/ve-jau, "ceux de la côte" en proto-Malayo-Javanais, aujourd'hui veju en bugis et bejau en malais, bajo en javanais) qui restèrent sur la côte Ouest.

Le qualificatif Vazimba désignait donc à l'origine les Ntaolo chasseurs et/ou cueilleurs qui décidèrent de s'établir "dans la forêt", notamment dans les forêts des hauts plateaux centraux de la Grande Île et celles de la côte Est et Sud-Est, tandis que les Vezo étaient les Ntaolo pêcheurs qui restèrent sur les côtes de l'Ouest et du Sud (probablement les côtes du premier débarquement).

Notons ici un débat fondamental parmi la communauté des chercheurs : le mot vazimba étant un qualificatif austronésien désignant les "habitants de la forêt" d'une manière générale (y compris les Austronésiens eux-mêmes qui s'installèrent dans les forêts), il n'est pas à exclure que d'autres hominidés vazimba aborigènes, de type homme de Florès par exemple, aient habité dans les forêts de Madagascar des dizaines - voire des centaines - de milliers d'années avant l'arrivée des vazimba austronésiens. Quelques-uns ont peut-être encore existé à l'arrivée des vahoaka ntaolo austronésiens au premier millénaire avant notre ère. Ceci pourrait expliquer le mythe des "petits hommes/nains primaires de la forêt" que les vahoaka ntaolo austronésiens - ancêtre de la majorité des malgaches actuels - auraient rencontré et assimilé (ou peut-être décimé) à leur arrivée. Les preuves irréfutables sous-tendant ce mythe manquent encore aujourd'hui. Seuls l'archéologie et la génétique pourront les apporter. Enfin, il n'est pas à exclure non plus que le mythe des "vazimba-petits hommes/nains" ait été emmené par les Austronésiens à partir des îles où ils habitaient auparavant, auquel cas ce mythe pourrait effectivement concerner les hominidés de type "Florès" ou Negrito (orang asli en malais). Ces derniers, de petite taille, ont en effet habité les forêts des îles de la Sonde bien avant l'arrivée des Austronésiens et y sont considérés comme étant les peuples aborigènes. On sait par exemple que le mythe de l'ogre "Trimo be - mangeur d'enfant" est un conte emmené par les Austronésiens et parle en fait du tigre (de *(t)rimu, "tigre" en proto-MP) qui habite les forêts des îles de la Sonde. Le mythe des "petits nains vazimba" pourrait avoir subi un voyage similaire.

Quant à la cause de la venue de ces Austronésiens, l’histoire de l'océan Indien du début du premier millénaire de notre ère est encore très mal connue. On peut seulement supposer que l’île de Madagascar joua un rôle important dans le commerce, notamment celui des épices, entre l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient, directement ou via les côtes africaines. Il se peut notamment que ces vahoaka ntaolo aient en particulier recherché du bois solide pour construire leurs canoe, tel le vintana (un nom que l'on trouve encore aujourd'hui dans le vinta des canoe Bajau, homonyme contemporains des Vezo).

Immigrations néo-austronésiennes (Malais, Javanais, Bugis et Orang Laut), perses, arabes et est-africaines : naissance des clans néo-Vazimba et néo-Vezo (700-1600)
Dès le milieu du premier millénaire jusqu'à 1600 environ, les Vazimba de l'intérieur autant que les Vezo des côtes accueillirent de nouveaux immigrants moyen-orientaux (Perses Shirazi, Arabes Omanites, Juifs arabisés), africains (Bantus) et orientaux (Indiens Gujarati, Malais, Javanais, Bugis et Orang Laut) voire européens (Portugais) qui s'intégrèrent et s'acculturèrent à la société Vezo et Vazimba, souvent par alliance matrimoniale.

Bien que minoritaires, les apports culturels, politiques et technologiques de ces nouveaux arrivants à l'ancien monde Vazimba et Vezo modifièrent lentement mais substantiellement leur société et sera à l'origine des grands bouleversements du XVIe qui conduiront à l'époque féodale malgache.

Le brassage avec les pasteurs-agriculteurs Bantus est-africains du moyen-âge, par exemple, explique les nombreux superstrats bantus swahili dans la langue proto-austronésienne des Vazimbas, notamment le vocabulaire domestique et agraire (exemples : le bœuf "omby" du swahili ngumbe, l'oigon "tongolo" du swahili kitunguu, la marmite malgache "nongo" vient de nungu en swahili)

Génétique
Aujourd'hui, la population de Madagascar peut être considérée comme le produit d'un brassage entre les premiers occupants vahoaka ntaolo austronésiens (Vazimba et Vezo) et, ceux arrivés plus tardivement (Hova néo-Austronésiens, Perses, Arabes, Africains et Européens).

Génétiquement, le patrimoine austronésien originel est plus ou moins bien réparti dans toute l'île. Les chercheurs ont notamment remarqué la présence, partout, du "motif polynésien"[9], un vieux marqueur caractéristique des populations austronésiennes datant d'avant les grandes immigrations vers les îles polynésiennes et mélanésiennes, (ca 500 av. J.-C. au plus tard). Ceci supposerait un foyer de départ commun entre les ancêtres des Polynésiens actuels (partis vers les îles Pacifiques à l'est) et des vahoaka ntaolo (partis vers l'ouest jusqu'à Madagascar) vers (ou avant) 500 av. J.-C.

Phénotypiquement, c'est parmi les populations des hautes terres (Merina, Betsileo, Bezanozano, Sihanaka), plus endogames, que le phénotype austronésien mongoloide sundadont est le plus prégnant. On remarque également parfois le phénotype austronésien australoide et austronésien negrito partout à Madagascar (y compris sur les hauts plateaux). Contrairement au phénotype est-africain bantu, le phénotype austronésien "negrito" se caractérise notamment par sa petite taille.


1# Burney et al (2004)
2# Hurles et al. (2005), Ricaut et alii' (2009)
3# Dahl O. (1991), Simon (2006)
4# Verin (2000), p.20
5# Patrice Rabe, Quotidien Midi Madagasikara, édition du 24 septembre 2008
6# Burney et al, op.cit.
7# Ricaut et alii, op.cit.
8# Randriamasimanana, "The Malayo-Polynesian Origin of Malagasy")
9# Hurles et al. (2005), Ricaut et alii (2009), Hagelberg et alii (2008)


L'origine des malgaches par la génétique: http://www.sanger.ac.uk/about/press/2005/050504.html
Selon cette étude, les malgaches auraient pour 50% d'ancêtres indonésiens et 50% d'ancêtres Est-africains.


Les migrations austronésiennes qu ont conduites à la colonisation de Madagascar:




Langues austronésiennes: http://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_austron%C3%A9siennes

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MessageSujet: Re: Madasgascar, l'île rouge des austronésiens   Sam 11 Aoû 2012 - 15:05

Les mikéas
http://madagscar.blogspot.fr/2006/12/etnies-de-madagascar.html#!/2006/12/etnies-de-madagascar.html

Les mikéas sont probablement les descendants des paléo-malgaches des premières migrations venues d'Afrique.


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Dernière édition par Skipp le Mar 18 Déc 2012 - 14:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Madasgascar, l'île rouge des austronésiens   Mar 18 Déc 2012 - 14:03

Article intéressant: "Le peuplement humain de Madagascar : Anthropologie génétique de trois groupes traditionnels"
http://thesesups.ups-tlse.fr/1377/1/2010TOU30141.pdf


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