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 La crise au Pakistan ravive les inquiétudes dans le monde

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Skipp
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MessageSujet: La crise au Pakistan ravive les inquiétudes dans le monde   Sam 29 Déc 2007 - 16:01

Bonjour, scratch

Le Pakistan, puissance nucléaire musulmane, est en plein bouleversement... Ce pays va-t-il basculer dans l'anarchie ? Les islamistes vont ils y prendre le pouvoir ? Si celà était alors jamais la planète n'aura connu un si grand risque... pale

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-994436,0.html?xtor=RSS-3208
Citation :
Islamabad accuse Al-Qaida et les talibans pakistanais
LE MONDE | 29.12.07


Le gouvernement d'Islamabad a officiellement accusé, vendredi 28 décembre, Al-Qaida d'être responsable de l'assassinat de l'ex-premier ministre et chef de l'opposition pakistanaise, Benazir Bhutto.
Le porte-parole du ministère de l'intérieur, le général Javed Cheema, a, au cours d'une conférence de presse, déclaré que des services de renseignement avaient intercepté un appel téléphonique dans lequel le chef des talibans pakistanais de la zone tribale du Sud-Waziristan, Baitullah Mehsud, qui entretient des liens avec Al-Qaida, félicitait un militant islamiste après la mort de Benazir Bhutto. Il y a "une preuve irréfutable qu'Al-Qaida, ses réseaux et ses troupes tentent de déstabiliser le Pakistan", a indiqué le général Cheema, précisant : "Nous avons enregistré la conversation, au cours de laquelle il congratule un activiste pour l'attentat."

Baitullah Mehsud aurait démenti cette accusation, samedi matin, selon l'Agence France-Presse, qui a contacté l'un de ses porte-parole par téléphone satellitaire. "Il n'est pas impliqué dans cet attentat, a indiqué le porte-parole islamiste : c'est un complot du gouvernement, de l'armée et des services de renseignement." Le général Javed Cheema a d'autre part donné une étrange version des causes de la mort de Benazir Bhutto, affirmant qu'elle était décédée des suites d'une blessure à la tête subie lorsqu'elle s'est cognée contre le levier du toit de sa voiture, en tentant de se protéger à l'intérieur du véhicule au moment de l'attentat. "Le levier l'a heurtée près de l'oreille droite et a fracturé son crâne", a-t-il dit, ajoutant : "On n'a pas trouvé de balle ni d'éclat de métal dans la blessure." L'auteur de l'attentat a apparemment tiré trois coups de feu vers Benazir Bhutto avant de faire exploser la bombe qu'il portait sur lui, mais l'a manquée, a déclaré le général Cheema.

Cette version a été qualifiée de "tas de mensonges" par l'avocat de Mme Bhutto et haut responsable de son Parti du peuple pakistanais (PPP), Farooq Naik. "Deux balles l'ont touchée, une dans l'abdomen et une dans la tête", a-t-il affirmé, précisant : "Le secrétaire personnel de Bhutto, Naheed Khan, et le numéro deux du parti, Makhdoom Amin Fahim, se trouvaient dans la voiture et ont vu ce qui s'est passé." L'un des chirurgiens qui ont examiné Mme Bhutto a affirmé que celle-ci était morte d'une balle reçue à la base du cou.

Loin d'Islamabad, dans le Sind profond, des centaines de milliers de fidèles ont accompagné, vendredi après-midi, le cercueil de Benazir Bhutto, drapé des couleurs rouge, vert et noir du PPP, au mausolée familial de Garhi Khuda Bakhsh, où elle repose désormais aux côtés de son père, Zulfikar Ali Bhutto. Son fils, Bilawal, et son mari, Asif Ali Zardari, ont aidé à porter le cercueil dans la tombe tandis que des centaines de ses fidèles, dont beaucoup en pleurs, se bousculaient pour jeter dessus des pétales de rose.

Devant le mausolée, si des partisans désemparés pleuraient, quelques-uns scandaient des slogans contre le gouvernement et le président Pervez Musharraf, d'autres encore criaient : "Le nom de Bhutto vivra aussi longtemps que la lune et le soleil se lèvent !"

Les violences qui avaient éclaté, jeudi, dès l'annonce de la mort de Benazir Bhutto, ont continué à travers le pays, faisant 33 morts dont 24 dans la seule province du Sind, fief de la famille Bhutto. Dans une tentative désespérée de contenir les émeutes, le gouvernement a déployé l'armée dans les rues de Karachi, capitale du Sind et capitale économique du Pakistan, et de Hyderabad, la deuxième ville du Sind.

Selon un communiqué militaire, vingt bataillons sont prêts à intervenir dans la province si les violences durent. Beaucoup de villes pakistanaises sont restées quasi désertes vendredi. Banques, administrations et transports publics ne fonctionnent pas en raison du deuil de trois jours annoncé par le président Musharraf.


Dans la Province frontalière du Nord-Ouest, un candidat du parti gouvernemental et sept autres personnes ont été tuées dans l'explosion d'une bombe télécommandée à la fin d'un meeting électoral dans la banlieue de Mingora, principale ville de cette région troublée, théâtre de violences depuis plusieurs mois.

Françoise Chipaux


Voici un très intéressant article à propos de l'Histoire de cette prolifération nucléaire qui à terme pourrait nous causer de lourdes difficultés:
http://www.inprecor.org/465/465-08.html

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MessageSujet: Re: La crise au Pakistan ravive les inquiétudes dans le monde   Sam 29 Déc 2007 - 19:43

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-994473,0.html?xtor=RSS-3208
Citation :
Musharraf, unique carte de Bush au Pakistan


Zia Mian dirige le projet "Paix et Sécurité en Asie du Sud" à l'Ecole Woodrow-Wilson de sciences politiques et de relations internationales de l'université de Princeton.


Benazir Bhutto, ex-premier ministre du Pakistan et chef de l'opposition au président Musharraf, a été assassinée jeudi 27 décembre. Qui a pu la tuer ?
A l'évidence, un groupe intégriste. Elle faisait une campagne électorale très dure contre les islamistes, qu'elle avait engagée avant même son retour au Pakistan. Je ne crois pas aux thèses qui désignent les services secrets (l'ISI) et le président-général Musharraf. Le "pacte" entre elle et lui tenait. Contrairement à l'autre opposant, Nawaz Sharif, qui dénonçait des élections truquées, elle acceptait d'y participer et elle admettait de fait le maintien de Pervez Musharraf à la tête de l'Etat. Et, malgré ses attaques, ce dernier ne ressortait pas contre elle les accusations de corruption. Le "plan américain" - Musharraf président et elle premier ministre - restait donc l'option probable à terme. C'est cette option que le groupe intégriste qui l'a tuée a voulu éliminer.


Le Pakistan risque-t-il de plonger dans le chaos ?

Pas dans l'immédiat. Il y aura des soulèvements des partisans de Mme Bhutto, mais sans son leadership, leur capacité de mobilisation sera restreinte. A moyen terme se posent deux problèmes. Un : que va devenir le Parti du peuple sans Benazir ? Il est la seule formation nationale laïque. Deux : le pouvoir de Musharraf, déjà très isolé, risque de l'être plus encore. Sa légitimité, très contestée, sera encore plus atteinte. George Bush a immédiatement déclaré : "Le processus démocratique continue." Mais avec qui ? Et comment ? Son "plan" pour le Pakistan est à terre, et il n'a pas d'autre choix que d'appuyer et de s'appuyer sur le général Musharraf et sur l'armée.


Les Américains semblent pourtant avoir "découvert" récemment que le général Musharraf n'est pas l'"ami" fiable qu'ils croyaient...

Je ne crois pas à la "naïveté" de M. Bush. Les Etats-Unis sont dans le cas de l'entreprise qui dépend d'un unique sous-traitant. Au Pakistan, ils ne peuvent s'appuyer sur un gouvernement civil, car l'armée restera le pouvoir réel - ce qu'elle a été durant cinquante ans sur les soixante années d'indépendance du pays. Ils connaissent Musharraf. Le chef d'état-major, le général Ashfaq Kiani, a été formé chez eux, à Fort Leavenworth. Mais ils sont très inquiets parce que, depuis les années 1990, ils ont cessé de former les cadres de l'armée pakistanaise. Ils ne connaissent pas la génération montante d'officiers. Washington a deux préoccupations majeures : la stabilité du pays, donc y trouver des appuis fiables, et le nucléaire.


A quoi est due leur inquiétude soudaine sur le programme nucléaire pakistanais ?

En vérité, elle remonte aux années 1970, lorsque le premier ministre, Zulficar Ali Bhutto (le père de Benazir), évoquant la "bombe islamique", avait lancé : "L'Occident l'a, les Russes l'ont, les Indiens et les juifs l'ont, et seuls les musulmans ne l'auraient pas ?" Mais la conscience américaine du risque a varié selon les circonstances. Lors de la guerre en Afghanistan (1979-1989), les Etats-Unis s'en souciaient peu. Puis ils ont espéré obtenir un gel du programme nucléaire pakistanais. Lorsqu'Islamabad a effectué son premier test, en 1998, ils en ont pris leur parti. Et l'inquiétude s'est évanouie après le 11-Septembre. Mais après être intervenus en Afghanistan, ils ont découvert que des scientifiques pakistanais avaient eu des relations avec Al-Qaida - ce que les pacifistes pakistanais clamaient depuis longtemps ! Cela les a terrorisés. Ils ont alors financé un programme secret de sécurisation du nucléaire pakistanais. Ils étaient donc inquiets. Mais ils n'avaient pas d'allié plus fiable dans la région. Et aucun moyen de vérifier si des militaires ou des scientifiques avaient des relations avec Al-Qaida.


Aucun moyen, vraiment ?

Non. Ces liens ont un aspect public et un autre caché. En 2002, les partis islamistes ont tous voté au Parlement pakistanais pour Musharraf, dont le pouvoir était issu d'un putsch. Et lui a conclu un pacte avec eux : soutenez-nous à Islamabad, vous serez libres de gérer vos zones. L'aspect masqué est que, des années durant, l'ISI, le service secret, a équipé et entraîné les talibans, très présents dans ces zones, jusqu'à leur prise de pouvoir en Afghanistan. Ils ont aussi armé les islamistes au Cachemire face à l'Inde. L'ISI bâtit ces passerelles pour des raisons géostratégiques, pas idéologiques.


Quand ces passerelles se sont-elles instaurées ?

Lorsqu'il était au pouvoir (1978-1993), le général Mohammed Zia a largement islamisé la société. La charia est devenue la loi suprême dès 1979. Les emplois publics ont été alloués en fonction de critères religieux. Les livres scolaires ont été réécrits. Personne n'a été surpris quand des scientifiques nucléaires ont commencé à apparaître dans des meetings islamistes, dans les années 1990.


Les Américains sont-ils réellement tenus à l'écart du programme nucléaire ?

Oui. Au Pakistan, le nucléaire - même civil ! - n'est jamais discuté au Parlement ; le gouvernement n'est pas informé. Après le 11-Septembre, au moment même où George Bush conclut son pacte avec Musharraf, l'armée déplace tous ses sites nucléarisés !


Qui, au Pakistan, a voulu acquérir la bombe atomique et pourquoi ?

En 1953, le premier ministre, Mohamed Ali, rend visite au président Eisenhower, qui vient de lancer l'"Atom for Peace Program". Les Américains accueillent des scientifiques étrangers, Pakistanais et Indiens inclus, pour les former au nucléaire civil. Munir Ahmed Khan, futur président de la commission à l'énergie atomique pakistanaise, en fait partie. Et comme, en ces temps de guerre froide, le Pakistan est sur la ligne de front face à l'URSS, ils y envoient des instructeurs "expliquer" la guerre nucléaire aux militaires. Mais ils n'ont aucun projet de les aider à acquérir l'arme atomique.

Pourquoi Islamabad refuse-t-il d'adhérer au Traité de non-prolifération ?

Parce que l'Inde ne l'a pas fait. Mais il existe une autre raison. Delhi a une capacité conventionnelle très supérieure. Dès lors, l'armée pakistanaise dit : "Nous sommes si faibles que nous n'avons que la bombe A pour nous défendre." Parallèlement, elle demande aux Etats-Unis toujours plus d'armes conventionnelles pour ne pas avoir à utiliser la bombe.

Pourquoi Washington a-t-il refusé de fournir à Islamabad le système PALS, qui sécurise l'usage de missiles à tête nucléaire ?

Ils lui ont refusé cette technologie par crainte de faciliter l'installation des têtes nucléaires sur les missiles. Mais ils leur en ont expliqué le principe, qui est simple. Je crois que l'armée pakistanaise dispose de son système de sécurisation. De toute façon, elle tient ses têtes nucléaires séparées des missiles.


Pourquoi ?

Pour éviter qu'un capitaine les utilise pour la plus grande gloire de Dieu ! Plus sérieusement, ils le font pour laisser les Américains dans l'inconnu sur l'état réel de leur capacité nucléaire.


Peut-on craindre une alliance à l'avenir entre les militaires et les islamistes aux Pakistan ?

Des passerelles existent, mais un accord de fond est très peu envisageable. D'abord, les islamistes sont moins puissants qu'on ne le croit. Même dans les zones tribales, pour qu'ils l'emportent, il a fallu exclure le parti laïc autonomiste pachtoun Awami. Ensuite, ils ne forment pas un bloc monolithique. Surtout, leurs alliances avec le régime sont purement d'intérêt. L'armée les utilise pour contrer les tendances autonomistes régionales, et eux renforcent ainsi leur emprise. Enfin, une alliance idéologique entre militaires et djihadistes est extrêmement improbable. Des groupes de militaires peuvent basculer, pas l'armée, qui a une très forte cohésion. On connaît des cas où la police a été empêchée par des militaires de confisquer des armes livrées à des madrasas, mais je ne crois pas que l'arme atomique puisse jamais parvenir entre leurs mains.


Les militaires continuent-ils de soutenir en sous-main les talibans ?

L'armée bâtit pour l'avenir. L'OTAN ne restera pas éternellement en Afghanistan. On en revient toujours au même point : les Pachtouns étant répartis entre les deux Etats, Islamabad, en s'appuyant sur les fondamentalistes, contre les tendances à la constitution d'un grand Pachtounistan au détriment de l'unité du Pakistan.


Quel regard les élites politiques pakistanaises portent-elles sur Washington ?

A cause de la montée en puissance de la Chine, les Etats-Unis ont conclu des traités de défense puis nucléaire avec Delhi, en 2004 et 2005. Tout régime pakistanais, quel qu'il soit, vivra désormais dans la crainte que l'Indene constitue le partenaire stratégique privilégié de Washington. D'où de fortes tendances à Islamabad à resserrer les liens avec Pékin. Amérique et Chine sont en situation de dépendance économique et de guerre froide géostratégique latente. Si celle-ci se renforce, le risque est que le front des conflits sino-américains soit délégué à la zone indo-pakistanaise. Partie la plus faible, Islamabad est obnubilé par le renforcement de son potentiel militaire conventionnel et nucléaire. Il y a là une situation explosive.
Propos recueillis par Sylvain Cypel

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