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 Les Pélasges

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soucolline
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MessageSujet: Les Pélasges   Sam 12 Sep 2009 - 11:08

Voici ce qu'on peut trouver dans Strabon :

LIVRE 5

V , 2 :
3… Anciennement, en effet, Caeré se nommait Agylla : c'étaient, à ce qu'on assure, des Pélasges venus de Thessalie qui l'avaient fondée. Mais les Lydiens (j'entends ceux qui prirent le nom de Tyrrhènes) ayant mis le siège devant Agylla, un des leurs, dit-on, s'approcha du rempart et demanda qu'on lui dit le nom de la ville, et comme, au lieu d'obtenir la réponse à sa question, il avait été salué par un Thessalien du haut du rempart du mot Chaire (bonjour), les Tyrrhènes virent là un présage heureux et firent de ce mot un nom nouveau qu'ils donnèrent à la ville, quand ils l'eurent prise…
4. Les Pélasges (c'est l'opinion presque universelle) formaient une race ou nation fort ancienne répandue par toute la Grèce, mais principalement en Thessalie, dans la région appelée Aeolide. Ephore incline à penser que les premiers Pélasges furent des soldats, Arcadiens d'origine, qui donnèrent leur nom à de nombreux compagnons gagés bientôt par leur exemple à la profession des armes, et qui s'acquirent une grande célébrité non seulement en Grèce, mais partout où le hasard poussa leurs pas. Homère nous les montre déjà établis en Crète, puisqu'il fait dire à Ulysse dans son récit à Pénélope :
«Ici les peuples ne parlent point tous la même langue : mais on trouve mêlés ensemble l'Achéen,
le noble Etéocrète le Cydonien, la triple nation Dorienne et les PELASGES issus des dieux».
D'autre part, en donnant le nom d'Argos Pélasgique à la partie de la Thessalie qui est comprise entre les bouches du Pénée et les Thermopyles et qui se prolonge jusqu'à la chaîne du Pinde, Homère semble attester que les Pélasges ont longtemps aussi dominé en ce pays. Il est remarquable enfin qu'il joigne au nom de Jupiter-Dodonéen l'épithète de Pélasgique :
«Tout-puissant Jupiter, Jupiter Dodonéen, Jupiter Pélasgique !»
Beaucoup d'auteurs, du reste, qualifient de Pélasgiques les populations mêmes de l'Epire, comme pour mieux marquer que la domination des Pélasges s'était étendue sur toute cette contrée. Il est arrivé en outre que la dénomination de Pélasges, attribué dans le principe à divers héros individuellement, s'est transportée avec le temps des héros aux pays mêmes [témoins de leurs exploits]. C'est ainsi notamment qu'on en est venu à qualifier Lesbos de Pélasgienne et qu'Homère a placé des Pélasges dans le voisinage immédiat des Ciiciens de la Troade :
«Hippothoüs conduisait les belliqueux Pélasges, les Pélasges de la riche et fertile Larisse».
Peut-être même Ephore n'a-t-il placé en Arcadie l'origine de la nation Pélasgique que parce qu'Hésiode lui en avait suggéré l'idée en disant quelque part :
«Les fils du divin Lycaon, né lui-même de PELASGUS».
Du moins Aeschyle, dans sa tragédie des Suppliantes, et dans celle des Danaïdes, assigne-t-il pour point de départ aux Pélasges Argos, Argos près Mycènes. On sait aussi que le Péloponnèse s'était appelé primitivement la Pélasgie, Ephore lui-même le constate et on lit dans l'Archélaüs d'Euripide que :
«Le père des cinquante Danaïdes, étant venu dans Argos, s'établit en maître dans la ville d'Inachus,
et que bientôt, à cause de lui, la Grèce apprit à nommer Danai ceux
qu'elle avait si longtemps salués du nom de PELASGES».
Au dire d'Anticlide maintenant, Lemnos, Imbros et les îles voisines auraient eu les Pélasges pour premiers habitants, et, parmi ces Pélasges, Tyrrhen, fils d'Atys, aurait recruté une partie des compagnons qui le suivirent en Italie. Enfin, s'il faut en croire les Atthidographes, les Pélasges seraient venus même en Attique, et, en voyant leurs habitudes errantes, en les voyant toujours prêts, comme des oiseaux de passage, à aller de contrée en contrée, les gens du pays auraient changé leur nom en celui de Pélasges.

8 : ….. Il y a 300 stades de Cossae à Gravisci, et dans l'intervalle se trouve une localité appelée Regis-Villa, laquelle passe pour avoir servi de résidence à un ancien chef pélasge nommé Maleus, qui, après avoir régné un certain temps sur une colonie pélasgique établie en ce lieu, serait parti de là pour se rendre à Athènes. C'étaient aussi des Pélasges, on l'a vu, qui avaient fondé Agylla.

V , 4 :

8 ... Ce sont les Osques qui ont été les premiers habitants d'Herculanum ainsi que de Pompeia, ville située sur la côte à la suite d'Herculanum et tout près du fleuve Sarnus ; les Tyrrhènes et les Pélasges ont ensuite occupé ces deux villes,…

LIVRE 7

VII , 7 :

10. L'établissement de cet Oracle ( Dodone), suivant Ephore, appartient aux Pélasges, et les Pélasges, on le sait, passent pour avoir été les plus anciens maîtres de la Grèce. Homère lui-même a dit :
«Jupiter Dodonéen, Jupiter Pélasgique», (Iliade, XVI, 233),
et Hésiode :
«Il visita Dodone et le hêtre fatidique, au pied duquel habitent les Pélasges».



Fragment :

: il prétend, Suidas, que le temple de Jupiter était primitivement en Thessalie, dans la Pélasgie aux environs de Scotusse (la partie de la Thessalie où cette ville est située se nomme encore la Pélasgiotide), et qu'il fut transporté de là à Dodone ; que ce déplacement fut accompagné de l'émigration d'un certain nombre de femmes du pays, dont les prophétesses actuelles sont les descendantes, et que telle est l'origine du surnom de Pélasgique donné à Jupiter.








LIVRE 8

VIII , 3 :

17. Diverses traditions ont cours au sujet des Caucones, et cela se conçoit d'un peuple qui passe pour être originaire d'Arcadie, ainsi que les Pélasges, et pour avoir mené longtemps, comme ceux-ci, une vie de courses et d'aventures….

VIII , 6 :

9. La citadelle d'Argos fut fondée, dit-on, par Danaüs, prince dont la puissance paraît avoir singulièrement surpassé celle des rois, ses prédécesseurs, puisque, au dire d'Euripide,
«Sur un ordre de lui, les peuples de la Grèce quittèrent l'ancien nom de Pélasgiotes, et prirent celui de Danaens».

LIVRE 9

IX , 1 :

18…, sans compter que, comme il a été dit ci-dessus, les Pélasges paraissent s'être, dans leurs migrations, avancés jusqu'en Attique, et y avoir reçu des indigènes, en raison de leurs habitudes errantes et vagabondes, le nom de Pélasges.

IX , 2 :

3. Pour en revenir à la Béotie, ses premiers habitants étaient justement des Barbares : c'étaient les Aones, les Temmices, race errante venue en dernier lieu de Sunium, les Lélèges aussi et les Hyantes. Puis le pays tomba au pouvoir des Phéniciens, compagnons de Cadmus, et ce héros, ayant bâti la Cadmée, fonda dans le pays une monarchie héréditaire. Ses descendants, à leur tour, ajoutèrent Thèbes à la Cadmée et maintinrent leur prépondérance sur la plus grande partie de la Béotie, jusqu'au moment où éclata la guerre des Epigones. A cette époque il leur fallut évacuer Thèbes, mais ils ne tardèrent pas à y rentrer. Chassés de nouveau par les Thraces et les Pélasges, ils passèrent en Thessalie et y restèrent longtemps associés aux Arnéens, assez longtemps même pour que l'établissement commun prît, à cause d'eux, le nom de Béotie. Quand ils revinrent dans leurs foyers, on faisait à Aulis les premiers préparatifs de la grande expédition que devaient conduire en Asie les fils d'Oreste. Ayant alors annexé à la Béotie toute l'Orchoménie (les deux pays jusque-là n'avaient eu rien de commun, et c'est pour cette raison qu'Homère, dans son Catalogue, au lieu de confondre les Orchoméniens avec les Béotiens, leur assigne, sous le nom de Minyens, une place à part), ils purent, avec ce surcroît de forces, rejeter les Barbares hors du pays. Les Pélasges se réfugièrent à Athènes et donnèrent leur nom à l'un des quartiers de la ville, le Pélasgicum (ils s'étaient établis apparemment au pied de l'Hymette). Quant aux Thraces, ils avaient été refoulés jusqu'au Parnasse. A leur tour les Hyantes fondèrent en Phocide la ville de Hyampolis.

25 On a vu ci-dessus que cette partie de la Béotie, précisément, était tombée, par l'expulsion des Béotiens proprement dits, au pouvoir des Barbares, Thraces, Pélasges et autres.



IX , 5 :

3 . Dans les limites que nous venons de tracer, la Thessalie présentait anciennement quatre divisions principales : la Phthiotide, l'Hestiaeotide, la Thessaliotide et la Pélasgiotide.
…. Le reste de la plaine était partagé entre les Pélasgiotes qui habitaient au-dessous de l'Hestiaeotide, et s'étendaient jusqu'aux confins de la Basse-Macédoine et les [Thessaliotes], dont les possessions continuaient la Pélasgiotide et se prolongeaient jusqu'à la côte dite de Magnésie, complétant ainsi [la Thessalie propre].

6 . . Quant au texte même de ce passage dans lequel le poète énumère les peuples qui obéissaient à Achille, il prête à la controverse. Le nom d'Argos Pélasgique, notamment, qui [suivant les uns], désigne une ancienne ville de la Thessalie, proche voisine de Larisse, et aujourd'hui détruite, ne saurait être, suivant les autres, un simple nom de ville, mais serait une dénomination générale s'appliquant à toute l'étendue des plaines thessaliennes et rappelant l'établissement de colons argiens amenés autrefois par Abas

11… Continuons à ranger la côte, nous découvrons à une vingtaine de stades dans l'intérieur la ville de Larissa Crémasté, connue aussi sous le nom de Larissa Pélasgia.

20…). La fusion des deux nations Perrhèbe et Lapithe explique comment Simonide a pu appeler indifféremment de l'un ou de l'autre nom l'ensemble des peuples de la Pélasgiotide, c'est-à-dire de la portion orientale de la Thessalie…

22…. Suivant le même auteur, ces deux cantons de la Thessalie auraient eu pour premiers habitants des Pélasges chassés plus tard par les Lapithes et rejetés jusqu'en Italie, et ce serait pour cette raison qu'aujourd'hui encore on nomme Pelasgicus campus la partie de la Thessalie qui comprend Larissa, Gyrtoné, Phères, Mopsium, le Boebéis, l'Ossa, l'Homolé, le Pélion, voire toute la Magnésie.

LIVRE 13

XIII , 3 :

2. On peut, avec le même degré de vraisemblance, déterminer les limites qu'Homère assignait aux possessions des Ciliciens et des Pélasges, voire aux possessions intermédiaires des Cétéens, les sujets d'Eurypyle. Des Ciliciens et des sujets d'Eurypyle, nous avons dit ci-dessus tout ce qu'il y avait à dire, nous avons notamment démontré que leurs possessions n'avaient jamais dépassé le cours du Caïcus. Quant aux Pélasges, il nous paraît rationnel de les placer immédiatement à la suite des deux autres peuples, pour nous conformer aux paroles d'Homère et aux différentes indications fournies par l'histoire. Voici ce que dit Homère :
«Hippothoüs guide au combat les tribus des Pélasges et la lance redoutable, des Pélasges habitants de la fertile Larisse. Ils ont pour chef, outre Hippothoüs, le vaillant Pylaeus, l'autre fils du Pélasge Léthus, fils lui-même du héros Teutamus» (Il. II, 840).
Or ces paroles du poète, en même temps qu'elles donnent à entendre que les Pélasges étaient extrêmement nombreux (Homère ne dit pas, en effet, la tribu des Pélasges, mais bien les tribus), contiennent une indication précise [sur la question qui nous occupe], en leur assignant Larisse pour demeure. Car, si l'on connaît beaucoup de villes portant ce nom de Larisse, celle dont Homère parle ici ne saurait être que l'une des Larisses les plus rapprochées d'Ilion, et des trois qui sont dans ce cas, celle qui réunit toutes les présomptions en sa faveur paraît être la Larisse du canton de Cymé. Quant à la Larisse du canton d'Hamaxitos, située comme elle est tout à fait en vue d'Ilion, à une distance qui n'excède pas 200 stades, elle est beaucoup trop près pour qu'Homère, en décrivant le combat furieux engagé sur le corps de Patrocle, ait pu dire raisonnablement qu'Hippothoüs était tombé loin de Larisse (Il. XVII, 301). Ces paroles évidemment ne s'appliquent pas à elle, mais bien plutôt à son homonyme du canton de Cymé, que 1000 stades environ séparent d'Ilion. Reste la troisième Larisse, simple bourg aujourd'hui du territoire d'Ephèse et de la plaine du Caystre, mais qui passe pour avoir eu autrefois l'importance d'une ville, et pour avoir possédé un temple fameux, celui d'Apollon Larissène : or cette Larisse, située plus près du Tmole qu'elle ne l'est d'Ephèse (il peut bien y avoir 180 stades entre Ephèse et Larisse), devait faire anciennement partie dela Maeonie (on sait qu'avec le temps les Ephésiens s'accrurent considérablement aux dépens de la Maeonie ou de la Lydie actuelle) : il est donc impossible qu'elle ait été la Larisse des Pélasges, et cet honneur [nous le répétons] revient bien plutôt à l'autre Larisse du canton de Cume ou de Cymé. Nous n'avons d'ailleurs aucune preuve positive que cette Larisse de la plaine du Caystre, non plus qu'Ephèse elle-même, existât déjà à l'époque de la guerre de Troie, tandis que l'existence à cette époque de l'autre Larisse, voisine de Cume, est attestée de la manière la plus formelle par tout ce qu'on sait de l'histoire des établissements aeoliens, établissements de très peu postérieurs à la guerre de Troie.

3. Cette histoire, en effet, nous apprend que, partis du Phricius, lequel est situé en Locride au-dessus des Thermopyles, les Aeoliens abordèrent au lieu où est Cume aujourd'hui, et qu'ayant trouvé les Pélasges, bien que très maltraités par la guerre de Troie, maîtres encore de Larisse (c'est-à-dire d'une position distante de Cume de 70 stades à peine), ils élevèrent contre eux, à 30 stades de Larisse, le fort de Néon-Tichos, encore debout aujourd'hui. De là ils purent aisément s'emparer de Larisse, et, ayant fondé Cume, ils y transportèrent le peu de Pélasges qui avaient survécu. En souvenir du Phricius de la Locride, Cume et Larisse elle-même reçurent le surnom de Phriconide. Mais Larisse est aujourd'hui déserte. Les mêmes historiens, pour prouver la grandeur de la nation pélasge, invoquent différentes circonstances, le témoignage, par exemple, de Ménécrate d'Elée, qui, dans son livre des Origines des villes, affirme que toute la côte d'Ionie depuis Mycale, ainsi que les îles qui la bordent, eurent les Pélasges pour premiers habitants ; puis la prétention des Lesbiens d'avoir combattu [pendant la guerre de Troie] sous les ordres de Pylaeus, ce chef qu'Homère qualifie de roi des Pelasges et qui aurait donné son nom à leur mont Pylaeus ; la conviction enfin où sont tous les habitants de Chio qu'ils descendent directement des Pélasges de la Thessalie. Malheureusement la nation des Pélasges était toujours errante, toujours prompte à se déplacer ; et il s'ensuivit qu'après avoir atteint un haut degré de puissance elle déclina très rapidement. Ajoutons que ce déclin de leur puissance coïncide justement avec l'époque du passage en Asie des Eoliens et des Ioniens.
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soucolline
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MessageSujet: Re: Les Pélasges   Sam 12 Sep 2009 - 11:17

Un petit résumé :

1°) Ils ont une réputation d'ancienneté partout autour de la mer Egée.
2°) Ils ne parlent pas grec ( "barbares")
3°) Ils semblent se maintenir à l'époque mycénienne en Troade, en Thessalie et en Crete.
4°) Ils semblent que "Pelasges" soit le nom attribué par les athéniens ( oiseaux de passage => cigognes ?)
5°) Ils sont apparemment impliqués dans la formation de l' Etrurie, d'abord de maniere directe ( migration de Thessalie), puis de maniere indirecte ( recrutés par 'Tyrrhene' le Lydien ).

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MessageSujet: Re: Les Pélasges   Mer 4 Nov 2009 - 20:56

A priori, le terme pélasge recouperait plusieurs réalités:
- Les peuples pré-indo-européens qui peuplaient l'Égée et qui pourraient être apparentés aux minoens.
- Les peuples ayant participés à la mouvence des peuples de la mer.

A propos des peuples de la mer, voici un blog qui traite exclusivement de ce sujet:
http://www.sea-peoples.blogspot.com/

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